Fake: Le SBU (Service de sécurité ukrainien) enlève et torture des femmes dans le Donbass

Certains médias russes ont diffusé la déclaration du «Commissaire des droits de l’Homme» de l’auto-proclamée «République Populaire de Donetsk», Darya Morozova, qui prétends que le SBU enlève et torture des femmes dans le Donbass. Le SBU a démenti cette information dans un commentaire pour StopFake. Toutes les femmes dont les noms étaient cités par Morozova étaient détenues conformément au Code de procédure pénale de l’Ukraine, pour des raisons bien précises.

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Selon Darya Morozova, il s’agit de 40 femmes détenues par le SBU sur des allégations de crimes inexistants. Morozova a nommé parmi ces otages Darya Mastikasheva, Yulia Prosolova, Nadezhda Kozlova et Olga Agranovitch. Il faut préciser que ces accusations de la «Commissaire aux droits de l’Homme» se basent sur son interprétation d’une vidéo diffusée par le SBU et des médias ukrainiens.

Ce fake a été diffusé par RIA Novosti, Vesti.ru, Ukraina.ru, REN.TV, Komsomolskaya Pravda, Moskovskiy Komsomoletz, Sputnik, Pravda DNR, Dan-news.info, Reporter, Antifashist, Riafan.ru et d’autres médias moins connus.

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Ainsi, Darya Mastikasheva, une soi-disant «prisonnière politique», «détenue par le SBU» est visée par des poursuites pénales en vertu de l’article 111 du Code de procédure pénale de l’Ukraine. Mastikasheva est accusée de participation à la préparation de provocations contre l’Ukraine. L’enquête est en cours.

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La deuxième jeune fille, indiquée par Darya Morozova, s’appelle Yulia Prosolova. Elle est accusée d’avoir organisé l’explosion de la voiture d’un colonel du SBU, Alexandre Kharaberush, à Mariupol. Ici aussi, l’enquête est en cours.

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L’histoire de Nadezhda Kozlova est plus sensible: les médias pro-Kremlin prétendent qu’elle est «victime de tortures du SBU». Aussi, ils rapportent que des militaires ukrainiens ont tenté de la violer. D’après la version de médias pro-russes, qui confondent les dates et les détails, Nadezhda Kozlova a fait exploser une grenade pour éviter d’être agressée sexuellement. En fait, selon les données de SBU, Kozlova a exécuté un braquage, menaçant des gens avec une grenade. Le lendemain, la jeune femme est sortie dans la rue avec une grenade et a demandé à des inconnus de l’emmener à un point de contrôle. En effet, une explosion a eu lieu. Mais, selon le SBU, c’est parce que Kozlova n’a pas réussi à tenir sa grenade. Il n’est pas spécifié si les inconnus ayant péris dans cette voiture étaient des soldats.

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Le représentant aux Droits de l’Homme de l’état Ukrainien, dans un rapport écrit, reconnaît que les enlèvements peuvent être effectués aussi bien par des militaires ukrainiens que des séparatistes. Selon ce rapport, le Bureau du procureur militaire de l’Ukraine contribue à assurer le respect des normes et mène des enquêtes sur ces disparitions.