Source: The Insider

StopFake France  propose une traduction en français.

Tout récemment, la rédactrice en chef de la chaîne de télévision RT, Margarita Simonyan, a déclaré lors d’un talk-show sur NTV qu’elle allait porter plaine contre Emmanuel Macron pour ses accusations contre RT et Sputnik à propos de la diffusion de fakes. Madame Simonyan prétends que RT ou Sputnik n’ont jamais publié d’articles au sujet des «comptes offshore de Macron», aux Bahamas. C’est un mensonge, car Sputnik a dédié à ce propos quelques publications (l’un des exemples est disponible ici). Dans un discours émotif, Simonyan a exigé de donner un exemple de mensonge de la part de la chaîne de télévision Russia Today.

The Insider a relevé ce défi avec plaisir. Ci-joint le top 5 d’exemples de mensonges de la part de Russia Today.

  1. Les mensonges de Russia Today à propos de «reportages falsifiés en Syrie»

Russia Today a tenté de justifier les bombardements en Syrie et expliquer la provenance des cadres avec des victimes civiles, pour la plupart lors de ces bombardement. En fait, Russia Today a suivi une position officielle des autorités russes. Ainsi, les journalistes ont prétendu que l’attaque chimique à Idlib n’a pas eu lieu. D’autres chaînes de télévision ont fabriqué des reportages à l’appui de cette version. C’est le cas de «Perviy canal». Mais la situation de Russia Today est absolument unique car le mensonge de cette chaîne a été reconnu officiellement. En Septembre 2015, le média régulateur britannique Ofcom a prononcé un verdict dans l’affaire «BBC Corporation contre RT», suite à la plainte de la BBC contestant l’affirmation de RussiaTuday. RT a prétendu que les journalistes de BBC ont «imité une attaque chimique» de la part de forces gouvernementales pour leurs reportages.

De plus, les journalistes de RT ont affirmé qu’il existait des manipulations avec l’interview de témoins. Ofcom a décidé que le reportage de RT a « crée une confusion» et que la chaîne de télévision de Margarita Simonyan n’a pas demandé de commentaires à la BBC pour se permettre d’exprimer sa position.

  1. Comment RT a crucifié un garçon

Le fameux fake au sujet d’un garçon crucifié est habituellement mentionné en rapport avec la chaîne de télévision «Perviy canal». Peu de gens se rappellent pourtant que la première source qui l’a diffusé était RT.

Ce reportage a été montré dans le cadre d’un programme ironiquement baptisé «Truthseeker», lors de l’épisode «Génocide dans l’est de l’Ukraine». Le sujet en question accusait le gouvernement ukrainien et l’armée de bombarder volontairement la population civile, tuer et torturer des journalistes, crucifier des enfants. Les propagandistes russes prétendaient que les militaires ukrainiens effectuent un «nettoyage ethnique» et cherchaient à imposer une comparaison avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. D’ailleurs, le média régulateur britannique Ofcom a découvert des « violations graves » dans ce reportage,  et il a été supprimé de la page web. Pourtant, la vidéo est toujours disponible.

Il convient de noter que selon Margarita Simonyan RT n’a jamais pris part dans la diffusion de ce fake.

  1. La manière de Russia Today de voler une vidéo et déformer son sens

En avril 2016, les journalistes de RT ont effectué des manipulations avec la vidéo d’un militant et journaliste syrien, Hadi Al Abdullah, au sujet du bombardement d’Alep. L’équipe de RT a tenté de s’approprier la paternité de cette vidéo, ayant coupé les propos de Hadi Al Abdullah. Cet homme témoignait du fait que la ville a été bombardé par  les forces aériennes d’al-Assad. L’originale de cette vidéo est disponible ici:

L’interprétation de RT est disponible ici.

  1. La manière de RT de mentir à propos de l’Ukraine

Au début de mars 2014, en pleine intervention des mystérieux «hommes verts» en Crimée, la présentatrice de la version anglaise de RT, l’Américaine Liz Wahl, a terminé une émission d’information par les paroles suivantes: «En tant que journaliste de cette compagnie, je traite de nombreux défis éthiques et moraux. Je ne peux pas faire partie d’une télévision d’État, financée par les autorités russes, qui justifie l’activité de Poutine. Je suis fière d’être une Américaine et je crois dans la diffusion de la vérité. C’est pourquoi je démissionne après cette émission».

Elle n’a pas été la seule journaliste occidentale qui a refusé de travailler avec la chaîne de télévision propagandiste. En juillet de la même année, une journaliste de Londres, Sara Firth, a annoncé sa démission. Cette réaction a été provoquée par la manière dont RT a couvert le crash de l’avion MH17, par un missile tiré depuis le territoire de l’est de l’Ukraine, contrôlé par des séparatistes.

«Lorsque c’est arrivé, j’ai couru à la rédaction et j’ai vu comment nous avons couvert ça. J’ai compris que je dois donner ma démission, lit-on dans un journal en ligne BuzzFeed. – Il s’agissait d’un manque de respect pour les faits. Nous avons questionné que certains témoins, qui ont accusé ouvertement l’État ukrainien, et le journaliste dans le studio a rappelé d’un coup que l’Ukraine, il y a quelque temps, a été impliqué dans un autre accident d’avion. Il a déclaré qu’il faut «s’en souvenir». C’est donc ça RT dans toute sa splendeur, ce sont des jeux au bord de mensonges. Vous ne mentez pas – vous êtes simplement en train d’insinuer. С’était insupportable, de manipuler avec le fait que ces gens ont perdu leurs proches. Je n’a pas pu  continuer ça. Nous avons menti et nous avons cherché des méthodes exquises de le faire. »

Il convient de préciser qu’en parlant du crash de l’avion hollandais, RT n’a pas uniquement jouer aux bords du mensonge, elle a souvent dépassé tous les limites. Par exemple, la chaîne de télévision a prétendu que les séparatistes ne pas possédaient de lance-missiles Buk et que le Boeing a été abattu par un bombardier ukrainien Su-25. En plus, Russia Today a cité un faux profil sur Twitter, d’un certain «dispatch espagnol Carlos». (Il est à noter qu’après quelque temps, il s’est avéré qu’il s’agissait du profil d’une certaine Lyudmila Lopatichkina qui partageait des tweets pro-russes).

  1. La manière de RT de manipuler avec les faits

En mars 2014, l’ancienne journaliste américaine de RT, Staci Bivens, a raconté à BuzzFeed «comment la vérité est faite» sur la chaîne de télévision RT. Il y a quelques années, les chefs ont exigé de filmer un reportage sur le sujet «l’Allemagne est un État raté».

Ils m’ont demandé de venir et ils ont suggéré de faire quelque chose de surnaturel. L’un des chefs a dit qu’il s’agit d’un échec de l’Occident et que l’Allemagne est un État raté», a dit Bivens.

Elle a tenté de dire aux chefs que ce n’était pas vrai, qu’il est possible de nommer ainsi des états comme Somalie ou Congo, mais ce n’est pas le cas de l’Allemagne, qui est dans la liste de pays développés», lit-on dans BuzzFeed. Mais les patrons ont insisté. Bivens a refusé de se conformer à cette instruction. Ainsi, RT a envoyé en Allemagne son équipe de tournage sans Staci Bivens. Plus tard, elle a rejoint ses collègues pour ajouter quelques commentaires dans le reportage et l’interview à propos du racisme en Allemagne. C’était le début de la fin pour sa carrière à RT. La durée de son contrat expirait et elle ne l’a pas prplongé.

«Les jeux jusqu’au point du mensonge», qu’a raconté Sara Firth, sont comme un signe distinctif de RT. D’habitude, une nouvelle d’actualité présente la discussion d’une rumeur (de plus, seulement RT a entendu cette rumeur). Mais le titre de la nouvelle est faite sous une forme d’un fait avéré.

Voici encore un des exemples typiques. En mai 2014, un banquier d’investissement américain, Jack Worthington, a été invité dans l’émission SophieCo, réalisé sur la version en anglais de RT par Sofiko Schevardnadze. L’animatrice a posé la question: «Je ne sais pas si vous avez entendu parler à ce propos, mais les médias allemands ont rapporté l’existence de mercenaires d’une société connue sous le nom de «Blackwater», active en Ukraine. Qu’est-ce que c’est? S’agit-il d’une conséquence de l’investissement occidental? Qu’est-ce que vous en dites?»

La réponse de Jack Worthington a été la suivante: «Oui, j’ai entendu ces rumeurs. Je pense, que c’est un scénario probable. Je veux dire qu’il ne s’agit pas de données fiables, mais il existe une sorte d’opérations clandestines. Les États-Unis ont appliqué une telle tactique dans d’autres régions du monde. Ce n’est pas étonnant qu’on l’appliquerait en Ukraine». Ainsi, le journal en ligne RT a publié le titre sans «rumeurs» ou «un scénario probable». Il a dit simplement: «Selon banquier d’investissement américain Jack Worthington, les États-Unis mènent des opérations clandestines en Ukraine».

P.S. Après tout, RT dit la vérité parfois

Quand même, il faut rendre hommage à l’équipe de RT et accepter, que parfois, cette chaîne de télévision rapporte une information extrêmement importante et précieuse, mais il faut préciser que cela se produit généralement contre sa volonté.

Par exemple, en juin 2016, Conflict Intelligence Team (CIT), qui mène des enquêtes dans des zones de guerre, a constaté que la chaîne de télévision RT a montré le 18 juin la base aérienne Hmeymim en Syrie, ainsi qu’un des avions de combat russes équipés de bombes en grappe RBK-500 ZAB-2,5 cm.

Le problème consiste dans le fait que l’utilisation de ces bombes est une violation directe du droit international. Bien que la Russie n’a pas signé la Convention sur l’interdiction des armes à sous-munitions, elle fait partie de la Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme traumatiques excessives ou comme frappant sans discrimination (le texte intégral de la Convention est disponible ici). En particulier, l’article 2 du Protocole III de la Convention interdit l’utilisation de toutes munitions incendiaires contre les cibles civiles et les munitions incendiaires aériennes contre des cibles militaires situées dans les zones résidentielles.

La chaîne de télévision a réalisé que la nouvelle a été tout véridique après avoir provoqué tant de bruit. RT a tenté de retirer alors les images avec les bombes d’une vidéo sur Youtube (sous prétexte de la sécurité d’un militaire russe dont on voit le visage). Mais cela a provoqué une nouvelle vague de publications. Finalement, RT a tout laissé en son état original. The Insider ne dispose pas d’information sur le sort du personnel de l’armée russe qui a été filmé.

Source: The Insider

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