La rhétorique poutinienne sur l’Ukraine lors de la «Ligne directe»

Les sujets choisis par Poutine sans intérêt pour l’opinion publique, les questions préparées à l’avance, ses ministres faisant le pied-de-veau, quelques heures à l’antenne comme allusion à la démocratie, toutes ces images nous indiquent que la télé russe diffuse «Ligne directe avec Vladimir Poutine». Pour vous, StopFake.org a examiné le élements du discours du président russe en lien avec l’Ukraine.

A propos des sanctions :

La question des sanctions contre la Russie est évoquée lors de chacune des rencontres du président avec «le peuple». En même temps, les causes de ces restrictions ou les conséquences négatives pour le pays ne sont jamais traitées.

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Une fois de plus, Vladimir Poutine a déclaré que de telles méthodes étaient utilisées pour «contenir la Russie», car «on considère la Russie comme une menace, on voit que la Russie peut devenir un adversaire». Puis, le président de la Fédération de Russie répète les clichés du type de  la propagande, affirmant qu’à l’étranger, il y a une tendance générale de constater «la nécessité de construire des relations normales».

Selon Poutine, la pression s’achèvera lorsque «nos partenaires verront que les méthodes sont inefficaces, contre-productives, nuisibles pour tous et qu’ils seront obligés de prendre en compte les intérêts de la Fédération de Russie».

A propos du Donbass :

A propos de la question de la guerre dans le Donbass, posée par l’écrivain russe Zakhar Prilepine, qui se trouve en même temps être l’un des leaders des combattants de la soi-disant «République populaire de Donetsk», sa réponse est la suivante.

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Prilepine a demandé à Vladimir Poutine: «Nous avons l’impression que l’armée ukrainienne va profiter de la Coupe du Monde pour commencer une offensive directe active. Avez-vous des commentaires à faire à ce propos?»

La réponse de Poutine a été: «J’espère qu’il n’y aura pas de telles provocations. Et si ça arrive, je pense que cela aurait des conséquences très graves pour le fonctionnement même de l’Etat ukrainien».

Vladimir Poutine n’a pas détaillé les conséquences des actions militaires éventuelles de l’Ukraine, mais il a déclaré qu’il espère que rien de tel ne se produise. En outre, Poutine a dit qu’il est impossible «d’intimider les gens» qui vivent dans le Donbass. «Nous soutenons et nous continuerons d’aider les deux républiques non reconnues» a-t-il souligné.

En outre, Poutine a souligné à plusieurs reprises: «Les autorités ukrainiennes actuelles, en particulier dans cette situation, ne sont pas en mesure de résoudre le problème de ces territoires – la République populaire de Lougansk et la République populaire de Donetsk. Essentiellement, parce qu’ils n’ont pas besoin des électeurs de ces territoires. Il est clair que ces gens ne voteront jamais pour le gouvernement actuel». En outre, il a ajouté que les autorités ukrainiennes «tirent sur les civils» et il a prétendu que les représentants de l’OSCE ont remarqué une augmentation des bombardements. Il arrive de temps à autre que StopFake.org ait à refuté des fakes semblables.

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Poutine a déclaré encore une fois qu’il voit l’Ukraine comme «un pays frère» et qu’il «considère les Ukrainiens et les Russes comme un seul et même peuple». En répondant à la question des immigrés de Donetsk, en difficultés pour obtenir des papiers pour travailler légalement en Russie et demandant «de simplifier le système de l’acquisition de la nationalité pour les citoyens de RPD et RPL», Vladimir Poutine a déclaré: «Nous avons eu un passé commun et je suis sûr qu’en dépit d’une tragédie possible, notre avenir sera commun».

Poutine a en outre expliqué que la Russie est intéressée à accueillir des «compatriotes», y compris, en raison de la baisse de natalité. «Certes, il s’agit d’abord de gens, quelle que soit leur nationalité ou leur religion. Mais surtout, il s’agit de gens qui appartiennent au monde russe, qui parlent la langue russe et qui veulent travailler dans notre pays, qui sont compétentes en la matière», – a dit le président russe. Et, il a donné ses solutions pour résoudre le problème en direct, dans la meilleure tradition soviétique.

A propos de la Crimée :

Lors de la «Ligne directe», une attention particulière a été prêtée à la Crimée annexée et à la «principale construction du pays» – le pont de Crimée (Le pont du détroit de Kertch) et au fait que «chaque jour le flux du trafic augmente. Les résidents locaux ont demandé au président si des «projets si ambitieux et de grande ampleur» étaient prévus, comme par exemple les routes d’une «même qualité que le pont de Crimée et ses approches».

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La journaliste a déclaré en direct que «les touristes sont plus nombreux maintenant, ici, à Kertch, ainsi que dans d’autres parties de la péninsule. Le nombre de voitures s’y est aussi accru, pour lesquelles de nouvelles routes sont en cours de construction». L’augmentation du nombre de touristes dans la Crimée annexée est une rhétorique souvent fixée par StopFake.org.

Les résidents locaux n’ont non seulement prosterné devant Poutine, en vantant «la construction grandiose» et «la réalisation d’une rêve ancienne», mais aussi ils ont tenté de s’informer de quand les prix baisseront. Poutine a promis qu’avec le lancement du transport de marchandises par route, les prix «se stabiliseront et s’égaliseront avec les régions environnantes de la Russie».

A propos des journalistes :

Vladimir Poutine s’est aussi exprimé sur l’opération spéciale du SBU (services secrets ukrainiens) concernant le journaliste russe Arkadiy Babchenko, ainsi que la liste de 47 personnes à assassiner par ordre de services secrets russes (selon les données des services secrets ukrainiens). Cette question a été posée au président par les journalistes après le direct.

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Poutine, en accord avec des médias russes, a défini cet événement comme «une provocation», condamnée «par les organisations internationales, liées aux activités journalistiques». «Toute mise en scène est toujours contre-productive, quelles qu’elles soient», a dit Poutine et il ensuite a déclaré qu’il était nécessaire d’assurer « la sécurité des journalistes et de l’activité journalistique », de « libérer les journalistes de la pression politique et d’assurer un accès à l’information ».

La question sur la possibilité d’échange de Kirill Vychinski, rédacteur de RIA Novosti Ukraine, arrêté à Kiev, contre le cinéaste Oleg Sentsov a été également posée. Le président russe a déclaré: «Nous réussirons à libérer le journaliste russe, y compris sous la pression des organisations internationales, dont les autorités ukrainiennes dépendent d’une manière ou d’une autre». Selon Poutine, l’arrestation de Vychinski est «de un acte politique absolument inacceptable des dirigeants ukrainiens actuels».