Les supporters polonais ont effectivement déployé une banderole « Lviv » aux couleurs du drapeau polonais lors du match « Shakhtar » – « Legia », mais c’était en 2025. Il s’agissait d’une provocation de la part d’une frange marginale des ultras, pour laquelle l’UEFA a infligé une amende de 25 000 € à la « Legia ».

Des messages circulent sur les réseaux sociaux selon lesquels, lors du match opposant le « Shakhtar » de Donetsk à la « Legia » polonaise, des supporters polonais auraient brandi une banderole indiquant « Lviv est une ville polonaise », et cet incident est présenté comme s’inscrivant dans le cadre des « revendications territoriales de la Pologne » dans le contexte de la guerre en cours et de l’« effondrement de l’Ukraine ». Ce faisant, les utilisateurs et les chaînes anonymes omettent souvent de préciser la date du match et présentent les événements comme récents, laissant entendre qu’il s’agit d’une réaction de la Pologne à la situation actuelle.

Capture d’écran – t.me

En réalité, il s’agit du match de la Ligue des conférences de l’UEFA opposant le « Shakhtar » et la « Legia », qui s’est déroulé à Cracovie en octobre 2025, et non en 2026 ni « lors de nouvelles tensions », comme l’affirment les propagandistes. À l’époque, pendant le match, des ultras polonais ont effectivement orchestré une provocation politique : ils ont tenté (et ont finalement réussi, brièvement) de déployer une banderole sur la tragédie de Volhynie portant l’inscription « Volhynie. Nous nous souvenons » / « Wołyń. Pamiętamy », ainsi qu’une banderole représentant Lviv sur fond de symboles polonais, que certains médias ukrainiens et polonais ont décrite comme une tentative d’« annexer » Lviv à la Pologne.

L’ambassadeur d’Ukraine en Pologne, Vasyl Bodnar, a qualifié sans détour ces banderoles de provocation n’ayant aucun rapport ni avec le sport, ni avec la position officielle de l’État polonais. L’UEFA, quant à elle, a infligé une amende de 25 000 euros à la « Legia » pour le comportement de ses supporters, jugé incompatible avec l’esprit d’un événement sportif, tandis que le service de sécurité du « Shakhtar » avait d’emblée interdit l’entrée dans le stade de la banderole « Nous nous souvenons de Volhynia » dans le stade.

Il convient également de noter que le club du « Shakhtar » a alors remercié ses hôtes pour leur accueil, soulignant que, malgré cet incident, il avait ressenti le soutien et l’énergie positive des supporters polonais.  

Les frontières entre l’Ukraine et la Pologne sont fixées par le traité bilatéral de 1992 entre l’Ukraine et la République de Pologne sur le bon voisinage, les relations amicales et la coopération, et sont également reconnues en vertu du droit international, notamment de l’Acte final d’Helsinki de 1975 sur l’inviolabilité des frontières d’après-guerre en Europe. Lviv est le centre administratif de la région de Lviv en Ukraine, et aucune autorité officielle polonaise — ni le gouvernement, ni le président, ni le ministère des Affaires étrangères — n’a jamais formulé ni reconnu de revendications territoriales sur cette ville.

Les spéculations sur le thème « La Pologne va s’emparer de Lviv » ne sont pas une stratégie nouvelle pour les propagandistes : la propagande russe diffuse régulièrement ce genre de discours depuis 2014, dans le but de semer la discorde entre l’Ukraine et la Pologne, l’un des principaux alliés de Kiev. StopFake a également abordé ce sujet dans un article distinct intitulé « Wypierdalaj na Ukraine » – comment la Russie a transformé la crise polono-ukrainienne en une nouvelle opération d’information.