Ce n’est pas vrai : WAVE Network n’a pas publié une telle vidéo et n’a fait aucune déclaration ni mené aucune étude concernant une « multiplication par 20 » des crimes sexuels commis par le TCC, et la vidéo diffusée est un montage frauduleux d’images provenant des réseaux sociaux, sur lequel le logo de l’organisation a été utilisé illégalement.

Une vidéo portant le logo de WAVE Network – Women Against Violence Europe circule sur Internet, dans laquelle il est affirmé qu’une organisation européenne de lutte contre la violence aurait signalé une multiplication par 20 des crimes sexuels commis par des membres du TCC en Ukraine. Ces publications affirment également que des représentants du TCC violeraient des Ukrainiennes « par vengeance » lorsque celles-ci tentaient de protéger leur mari ou un proche lors de la mobilisation.

Capture d’écran – t.me

C’est un faux. WAVE Network n’a pas publié une telle vidéo, et les ressources officielles de l’organisation ne contiennent ni déclarations concernant les centres territoriaux de recrutement, ni études publiques présentant des statistiques de ce type. De plus, ni le site web ni les publications de l’organisation ne font la moindre mention des centres territoriaux de recrutement ukrainiens. WAVE n’a pas non plus fait de déclaration concernant une « multiplication par 20 » des crimes sexuels commis par les centres territoriaux de recrutement ukrainiens.

La vidéo qui circule ne ressemble pas non plus au contenu habituel de WAVE Network. Les pages officielles de l’organisation publient leurs propres contenus : commentaires d’experts, comptes-rendus d’événements, campagnes d’information, communiqués sur des projets et des études. La vidéo frauduleuse utilise le logo de WAVE Network, mais la vidéo elle-même est un montage d’images issues des réseaux sociaux, sur lesquelles on voit des conflits non identifiés entre des civils et des personnes en uniforme. Ces images ne corroborent pas les déclarations que les auteurs de cette fausse information attribuent à l’organisation européenne.

WAVE Network s’occupe effectivement des questions liées à la violence envers les femmes et les enfants. Sur son site web, l’organisation se décrit comme un réseau regroupant plus de 190 ONG européennes de femmes qui œuvrent à la prévention de la violence, au soutien des femmes et des enfants, au plaidoyer, à la recherche et à la sensibilisation à la violence à l’égard des femmes et des filles.

Après le début de l’invasion russe à grande échelle, WAVE Network a publié des articles sur l’Ukraine. Dans sa déclaration sur la guerre, l’organisation a condamné l’invasion russe, a appelé à la protection des femmes, des enfants et de la population civile, et a rappelé que les guerres exacerbent diverses formes de violence à l’égard des femmes et des filles, notamment la violence à caractère sexuel et les risques de traite des êtres humains. Toutefois, cette déclaration ne fait aucune mention du TCC, de la mobilisation ou des statistiques diffusées par les médias de propagande.

Par ailleurs, WAVE mène des actions de sensibilisation auprès des femmes. L’organisation a publié des informations destinées aux femmes qui fuient la guerre en Ukraine et se réfugient dans des pays européens. Ces documents contiennent les coordonnées des services d’aide, des centres d’accueil, des services de consultation et des organisations venant en aide aux femmes victimes de violences. L’organisation a également élaboré, en collaboration avec l’OSCE/WIN, des supports de formation sur la prévention et la réponse à la violence sexiste en temps de guerre et dans la période d’après-guerre. Ces supports abordent les risques encourus par les femmes, les filles, les réfugiées, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et d’autres groupes vulnérables, ainsi que la violence sexualisée en temps de guerre, la traite des êtres humains, la violence domestique et la nécessité d’apporter un soutien aux victimes. 

Auparavant, StopFake avait démenti des informations mensongères selon lesquelles la police ukrainienne aurait fait appel à des adolescents pour procéder à l’arrestation de « réfractaires ».