La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a publié une infographie sur son compte Facebook, selon laquelle les Forces Armées de l’Ukraine violent beaucoup plus souvent le cessez-le-feu dans le Donbass que les soi-disant Républiques autoproclamés. Maria Zakharova cite les rapports de la Mission Spéciale de Surveillance de l’OSCE en Ukraine. Les journalistes de StopFake.org ont vérifié les rapports de l’OSCE mentionnés par Zakharova et ont obtenu des commentaires à ce propos de la part du centre de presse de l’OFU (opération des Forces unies). Les affirmations de la porte-parole de la diplomatie russe se sont avérés être incorrectes, et les chiffes qu’elle mentionne ont tout simplement été inventés.

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«Sergey Lavrov parle souvent de pourcentage. Désormais, l’information est présentée par infographie.  Cela semble être devenu un système, pas une tendance», lit-on dans la publication de Maria Zakharova. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères cite une période concrète : du 31 juillet au 18 août 2019.

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Passons à la vérification des faits. L’une des informations les plus faciles à vérifier est l’entrave au travail du drone de la Mission Spéciale de Surveillance de l’OSCE. Ces données sont indiquées à la fin des rapports comme «l’entrave à la liberté de circulation et l’entrave à la mise en œuvre du mandat de la Mission». Selon les rapports, la Mission a fixé environ 34 cas d’entrave, dont 23 cas dans les territoires échappant au contrôle ukrainien. Cela ne correspond pas aux données mentionnées par Maria Zakharova (33 et 16).

En plus, il existe peu de différences entre les «Violation du régime de cessez-le-feu quand il est possible de déterminer le parti-tireur» et les «Faits d’ouverture du feu quand il est possible de déterminer le parti-tireur» que Maria Zakharova tente de distinguer, mais ce ne sont que des détails.

Un élément important: selon les rapports de la Mission de Surveillance de l’OSCE, « les représentants de l’organisation se voient souvent interdire l’accès aux zones de conflit par des groupes armés sous les ordres des séparatistes».  Les explosions et les tirs sont souvent décrits comme « d’origine inconnue », ce qui ne contribue pas à la clarté de la situation. Ainsi, il est difficile d’estimer que la mission obtienne une image complète.