FAUX: le massacre de Boutcha, l’attaque chimique en Syrie et le travail des Casques blancs sont des «mises en scène» de l’Occident

En réalité: des atrocités commises par les militaires russes dans la ville de Boutcha, dans la région de Kiev, sont confirmées non seulement par des enquêteurs ukrainiens, mais aussi par les gouvernements d’autres pays et les organisations internationales. En comparaison, en Syrie, 349 des 519 cas enregistrés d’utilisation d’armes chimiques sont classés comme «confirmés de manière fiable», et personne ne conteste aujourd’hui qu’elles aient eu lieu.

Poutine continue à pousser les mensonges russes afin de justifier une invasion à grande échelle de l’Ukraine. Le 12 avril, M. Poutine a déclaré que le massacre de civils ukrainiens à Boutcha «[était] tout autant un canular que l’histoire de l’utilisation présumée d’armes chimiques par le président syrien Bachar al-Assad». Les médias russes ont également diffusé la thèse selon laquelle le mouvement syrien des Casques blancs, qui utilise des vidéos pour indiquer aux Ukrainiens comment sauver leur vie lors de bombardements, apprendrait à l’Ukraine à «faire des fausses accusations contre la Russie».

Capture d’écran — riafan.ru

Les atrocités commises par les militaires russes à Boutcha, dans la région de Kiev, ne sont pas une fake news, ce qui est confirmé non seulement par les dirigeants ukrainiens mais aussi par un certain nombre de pays occidentaux et d’organisations internationales. L’Union européenne, les États-Unis et les Nations Unies ont qualifié les crimes russes à Boutcha d’«attaques horribles, brutales et déchirantes contre des civils», crimes qui ont particulièrement choqué la communauté mondiale. Des représentants de la Cour pénale internationale travaillent déjà en Ukraine. Pour en savoir plus, lisez l’article de StopFake intitulé «Fake: Les victimes civiles en masse dans la région de Kiev sont une mise en scène ».

Les affirmations selon lesquelles l’Occident «met en scène» des attaques chimiques en Syrie sont également de la désinformation. L’utilisation d’armes chimiques par la Russie et les forces de Bachar el-Assad est un fait bien documenté par les enquêteurs internationaux. Selon l’organisation à but non lucratif Global Public Policy Institute, basée à Berlin, en Syrie, en mai 2020, sur 519 cas d’utilisation d’armes chimiques signalés, 349 attaques sont classées comme «confirmées de manière fiable». Sur la base d’un ensemble de preuves, les analystes allemands indiquent que les attaques chimiques ont été menées par les forces gouvernementales de Bachar el-Assad avec leurs alliés. Le principal allié de la Syrie est la Russie.

Les allégations russes de «fausses attaques chimiques en Syrie» ont été réfutées à plusieurs reprises par les plus grands experts mondiaux en armes chimiques. En avril 2018, par exemple, il y a eu un raid aérien au cours duquel des bombes de gaz de chlore ont été larguées sur la ville syrienne de Douma. Plus de 70 personnes, dont des enfants et des femmes, auraient été tuées par le poison, et des centaines de personnes auraient été empoisonnées à des degrés divers. Pendant un an, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a mené une enquête avec des experts du monde entier. Au printemps 2019, dans son rapport final elle a confirmé l’utilisation de chlore pendant l’attaque de la ville syrienne. Les preuves de cette attaque sont présentées dans une centaine de pages du rapport, mais le Kremlin s’obstine à nier les faits.

Quant au travail des Casques blancs, l’organisation a été qualifiée «d’une mitrailleuse de fakes» par le Kremlin en raison de son travail humanitaire, notamment la documentation des crimes de guerre russes à Douma en Syrie en avril 2018. Les médias russes tentent à présent d’accuser les Casques blancs d’avoir appris à l’Ukraine à «fabriquer des fakes contre la Russie». En réalité, cette affirmation est fausse et non étayée par des faits. Les Casques blancs, qui ont une grande expérience de l’aide aux civils pendant les hostilités, ont commencé à produire du matériel de formation pour les ambulanciers et les volontaires ukrainiens sur la façon de s’occuper des blessés et de se comporter correctement en cas de bombardement russe. Cette mission humanitaire n’a rien à voir avec la «diffusion de fausses informations sur la Russie».

Le travail des Casques blancs n’a jamais consisté à diffuser des fake news: le mouvement est né en Syrie en 2012, lorsque des volontaires ont commencé à s’associer pour des missions de sauvetage de personnes dans les décombres après des bombardements. Ce sont ces militants qui ont été parmi les premiers à documenter l’utilisation d’armes chimiques en Syrie par le gouvernement Assad et les forces russes alliées. De ce fait, ils ont été la cible d’une vaste campagne de désinformation menée par la Russie.