Le 27 mai 2018, Sputnik France a publié un article affirmant que «des milliers d’armes venues d’Ukraine ont été interceptées par les gardes-frontières russes à la frontière entre l’Ukraine et la Russie». Cette information se base sur une déclaration du chef du service frontalier du FSB, Vladimir Koulichov, lors d’un entretien pour RIA Novosti, relayé ensuite par des médias russes comme REN TV, Kommersant, Moskovskiy Komsomoletz, RT en russe, Life News et d’autres médias moins connus. Ainsi, ces médias pro-Kremlin continuent leurs tentatives de présenter l’Ukraine comme un danger et une plaque tournante du trafic d’armes.

Website screenshot Sputnik France

Website screenshot RIA Novosti

Website screenshot REN TV

Il convient de préciser que la déclaration de M.Koulitchov pour Sputnik France ne contient pas de preuves. Il a seulement précisé que «la menace du déplacement illégal d’armes et de munitions vers le territoire russe est associée à une quantité importante d’armes en circulation illégale en Ukraine». Cependant, en 2014, le Service de sécurité d’Ukraine avait déjà engagé une procédure pénale contre Vladimir Koulichov, chef du service frontalier du FSB, pour l’organisation d’un mouvement transfrontalier de terroristes depuis la Russie vers l’Ukraine (1, 2).

Ensuite, il faut toujours rappeler que c’est la présence de l’armée russe du côté ukrainien de la frontière qui continue de produire non seulement «un danger», mais qui a aussi coûté la vie à des centaines de personnes innoncentes civiles. La guerre a fait plus de 10000 victimes et l’Ukraine ne contrôle plus les 408 kilomètres de la frontière avec la Russie. Cela élimine la possibilité de fixer tout type de livraisons illégales vers la Russie .

«InformNapalm, Atlantic Council, Simon Ostrovsky, Bellingcat, Stop Terror, Security Service of Ukraine, toutes ces organisations, tous ces experts, journalistes et bénévoles ont présenté de nombreuses preuves sur la présence de représentants de l’armée russe dans le Donbass qui utilisent des armes, participent aux affrontements, livrent des armes et de l’équipement lourd aux terroristes», a déclaré Dmytro Zolotouchine, ministre adjoint de l’Information de l’Ukraine. Pendant ce temps, il n’y a pas un seul militaire ukrainien armé sur le sol russe.

StopFake.org a déjà démenti la propagande russe à propos de l’absence de militaires appartenants aux forces spéciales russes en Ukraine (1, 2).

Pourtant, malgré de nombreux démentis, y compris dans la presse française, Sputnik France répète sans interruption les fakes et les manipulations typiques de la propagande russe. Par exemple:

-«le conflit armé dans l’est de l’Ukraine», cette «opération militaire de Kiev» est une « guerre civile » où les séparatistes pro-russes sont seulement «aidés» par des soldats russes en vacances ou en permission.

-«Les républiques de Lougansk et de Donetsk» ne sont pas des factions autoproclamées et non reconnues internationalement, mais confirmés par «un référendum» et «une farce criminelle»

-Sputnik France insiste sur le «coup d’Etat en Ukraine», alors que les élections présidentielles en 2014 ont été reconnues par la totalité des états et des organismes internationaux.

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En parlant de fuite d’arme, la Russie, encore une fois, cherche à renvoyer la responsabilité de l’apparition de ce conflit armé sur l’Ukraine. En réalité, ce ne sont pas des armes en provenance de l’Est de l’Ukraine qui menacent la Russie, mais bien le contraire: c’est la Russie, avec ses armes et ses militaires, qui sème la mort en Ukraine depuis 4 ans.