Les médias russes continuent à suivre avec pas mal de jalousie l’instauration du régime sans visas avec l’UE pour l’Ukraine et la Géorgie. Ainsi, le 24 octobre, le journal en ligne russe «Kommersant» a diffusé un article intitulé «L’Europe reflechi à l’abolition du régime sans visas pour la Géorgie». Cet article présente sous un jour mensenger la mise en service du système électronique d’autorisation préliminaire prévu pour les citoyens de TOUS les pays qui bénéficient d’un régime sans visa vers l’UE. Selon «Kommersant», il s’agit «d’une forme de visa» car un citoyen est obligé de remplir une demande spéciale sous forme électronique sur la page du système d’autorisation européen destiné aux voyageurs. De plus, il faut y ajouter des certificats de travail, une fiche de paie comme le demandaient déjà les services consulaires des ambassades. Cela coûte 10 € et il faut attendre la confirmation de l’autorisation d’entrer dans la zone Schengen».

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Website screenshot Kommersant

Ukraina.ru a republié cet article en ajoutant que «L’Ukraine est la prochaine sur la liste». News.sputnik.ru, Capital.ua, Rambler.ru et d’autres médias ont reprit ce fake.

StopFake a étudié le procédure, la liste de documents nécessaires pour cette autorisation et s’est renseigné pour savoir si l’Ukraine sera concernée par ces démarches. Il apparaît que les médias russes ont déformé les règles du système ETIAS (European Travel Information and Authorisation System). Tout d’abord, la mise en place de ce système est une décision provisoire, approuvé le 19 octobre par le Comité des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen afin de «prévenir les risques pour la sécurité de pays qui ont le régime sans visa avec l’UE».

Selon Gal Kinga, membre du Parlement européen et Vice-Président du Comité des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen, de cette manière l’UE peut obtenir des  informations sur les gens qui ont les contacts avec des organisations terroristes à l’avance, même avant l’arrivée à la frontière.

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Il faut préciser que l’Ukraine ou la Géorgie ne sont pas même indiqués dans la liste des pays pour lesquels existe cette autorisation d’entrer dans la zone Schengen. Ce système est mis en place jusqu’en 2020, et d’autres pays peuvent être ajoutés dans la liste.

Le processus de demande prends environ 20 minutes. Il demande de declarer des données standard, comme le nom et prénom, la date de naissance, l’adresse, le numéro de passeport, le numéro de téléphone, le lieu de travail ou d’études et le pays de première entrée sur le territoire de la zone Schengen. Il ne faut présenter aucun document, à part le passeport biométrique.

Les médias russes indiquent que cela coûte 10 €, mais en fait le tarif officiel est de 5 €, seulement pour les voyageurs âgé de plus de 18 ans. La période de validité de l’autorisation est de cinq ans, puis il faut réitérer le processus.

Un système analogique de préinscription existe aux Etats-Unis, ça s’appelle ESTA. Pour le traitement de l’information, il faut payer 4 dollars et après la confirmation de l’autorisation il faut payer 10 dollars. Au Canada ça s’appelle ETA et ça coûte 7 dollars canadiens.