Une fois de plus les médias russes ont diffusé une information affirmant que l’UE et l’Ukraine négocient l’arrivée de migrants de Syrie et d’Afrique sur le territoire de l’Ukraine. Certains médias russes et les médias des « Républiques » autoproclamées du Donbass ont diffusé cette information. Par exemple, Ria.ru, Tsargrad, REN, Antifascist, Vesti, Dnr-news.com, News.ru, Russkaya vesna.

Website screenshot Tsargrad

Website screenshot RIA Novosti

Ce n’est pas la première fois que les médias de propagande publient des informations de cette nature. StopFake a séjà réfuté ces mythes comme celui affirmant que «L’Ukraine va abriter environ 20 000 réfugiés à la place de l’Allemagne» et «ouvrira des camps pour les réfugiés de Syrie».

Cette fois, les médias ont profité d’une déclaration du député populiste Igor Mosiychuk, membre de la fraction «Parti radical de l’Ukraine». Il a affirmé que l’UE propose à l’Ukraine d’abriter des réfugiés en échange d’un appui financier. Ce faisant, Mosiychuk n’a apporté aucune preuve de ses dires. A titre d’exemple, Mosiychuk a mentionné l’Albanie, qui a refusé toute collaboration en matière de réfugiés.

En réalité, l’Europe ne négocie rien de semblable avec l’Ukraine. Par contre, l’UE discute de la possibilité d’abriter des réfugiés au-delà des frontières de l’UE. La Turquie a déjà accepté de conserver sur son sol la plupart des réfugiés, après des négociations internationales. Il s’agissait des réfugiés de Syrie, qui sont arrivés dans l’UE par le territoire turc. En retour, l’UE a accepté d’accélérer le processus de suppression des visas pour les citoyens de Turquie et de verser chaque année une aide financière aux réfugiés.

En 2015-2016, l’Espagne a également discuté  de sa coopération en matière de réfugiés avec le Maroc, le Sénégal et la Mauritanie.

A présent, l’UE étudie la possibilité de créer des centres pour les migrants à l’étranger. A titre d’exemple, au début de juin, le Premier ministre du Danemark a déclaré que l’UE pourrait créer des camps pour les réfugiés dans les pays «non attractifs» pour les réfugiés. Il ne s’agissait pas du tout de l’Ukraine ou de l’Europe orientale, mais des pays d’origines ou de passage des réfugiés, à savoir l’Algérie, l’Egypte, la Lybie, le Niger et la Tunisie.